Combien d’entre nous seraient prêts à parier gros sur un retour à la normale du tourisme au niveau international ? Même si l’avis des scientifiques converge vers l’annonce d’une fin de pandémie, pouvons-nous dire pour autant que la fête va reprendre ?
Quel est l’état actuel du transport aérien ? Comment pourrait-il évoluer ? Quelles sont les conditions à une reprise complète de l’activité ? Comment l’anticiper ?

Plusieurs études récentes peuvent alimenter notre réflexion :
Selon la Global Business Travel Association, les dépenses pour les voyages d’affaires s’établiraient à 1,24 milliard de dollars d’ici 2024. C’est un recul de 13 % par rapport aux 1,43 milliard de dollars de 2019.
L’Official Airline Guide annonce, quant à lui, une baisse du trafic aérien de 22,2 % début janvier par rapport à l’avant Covid. Ce recul s’inscrit dans un contexte où le discours politique a largement alarmé les populations. L’arrivée du variant Omicron s’est finalement avérée beaucoup moins dangereuse que les craintes initiales.
Notre aversion à l’incertitude est corrélée à la peur de l’inconnu et cette posture ne cesse de se durcir au sein des sociétés riches. Nous avons eu peur du coronavirus principalement parce que c’était une maladie émergente dont on savait peu de choses.
En l’absence de vaccin, les gouvernements de la plupart des pays n’ont pas voulu prendre le risque de l’imprudence. Ils ont restreint. Si nous acceptons les restrictions lorsque nous avons peur, nous ne les tolérons pas en temps normal.
Tant qu’un nouveau variant ayant prouvé significativement sa menace ne fait son apparition, il est peu probable que les régimes démocratiques aient beaucoup de matière pour poursuivre les stratégies protectrices.
Le voyage international devrait donc se libérer.
La reprise se dessine sous conditions
Notre expérience des rebondissements de ces deux dernières années invite à la prudence. Cependant, si l’histoire sanitaire poursuit son chemin actuel, nous serions en condition de reprise.
Il faut considérer que les choses ne sont plus tout à fait comme avant. L’étude du cabinet Roland Berger mentionne à juste titre que « les voyageurs d’affaires s’aventureront moins souvent loin du bureau, mais plus longtemps ». En Europe, les déplacements pour motifs professionnels devraient reculer de 12 %. Ce chiffre confirme la baisse du voyage d’affaires pressentie par Sébastien Bazin.
Au niveau mondial, l’aérien représentait environ 11 % des émissions de CO₂ en 2015. C’est un chiffre qui dérange à l’heure où la notion d’économie durable fait de plus en plus sens. Cela explique pourquoi un nombre croissant d’individus est prêt à voyager moins loin ou moins souvent. Pour satisfaire cette recherche d’optimisation, le voyage combinant travail et loisir est une opportunité de plus en plus exploitée.
La clientèle asiatique sera plus lente à reprendre ses habitudes de voyage. Son aversion pour la maladie et sa tendance à l’hygiénisme sont plus marquées, en particulier à Singapour, à Taïwan et au Japon. Il est donc difficile de pronostiquer le niveau exact des arrivées internationales sur le sol français. En étant optimiste, on pourrait espérer pour 2022 un niveau de 15 à 25 % en deçà de celui de 2019.
Faites vos comptes et situez votre fragilité : évaluez le poids de votre clientèle corporate et celui de vos clients d’origine lointaine. C’est le moment de bichonner chaque client et de cibler en priorité les voyageurs français et européens. Avant la crise, 38 % des voyageurs retournaient régulièrement dans un même lieu, mais seulement 9,5 % dans le même établissement. N’y a-t-il pas davantage à faire pour fidéliser ?
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