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Sommes-nous aux portes d’une 3ème guerre mondiale ?

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Quelle est l’ampleur du conflit et combien de temps risque-t-il de durer ? Quels sont les impacts prévisibles sur l’économie ? On peut légitimement se demander si l’offensive russe fragilisera la reprise hôtellerie 2022 contexte ukraine. Si les images nous consternent, l’analyse des faits permet de garder la tête froide sur l’avenir du tourisme en Europe.

L’ampleur du conflit

On se rappelle la seconde guerre de Tchétchénie. Elle se solde par la mort de 100 000 à 300 000 Tchétchènes. Elle marque aussi la réinsertion de la Tchétchénie dans la Fédération de Russie. Il s’agit du conflit le plus violent connu par l’Europe et l’ex-URSS depuis la Seconde Guerre mondiale.

En août 2008, la deuxième guerre d’Ossétie du Sud, en Géorgie, montre une stratégie russe analogue. Celle-ci ressemble à celle observée en Ukraine. Ce conflit se solde en une semaine avec un bilan humain de plus de 1 100 vies. L’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, a un mode opératoire également comparable sur plusieurs points.

Ce qui change aujourd’hui est l’envergure du terrain des opérations. Jamais, depuis la seconde guerre mondiale, nous avions assisté en Europe à l’annexion d’un État aussi vaste et aussi peuplé.

Le risque d’un embrasement ?

On pourrait penser que les ambitions du « tsar » visent seulement à redonner à la « Sainte Mère Russie » son vernis d’antan. Cependant, le développement important des forces militaires ukrainiennes ces dernières années constitue aussi une menace pour Vladimir Poutine. Un autre objectif semble donc de mater très rapidement l’armée ukrainienne. Après cela, la mise sous contrôle de son appareil exécutif serait l’objectif ultime.

La Russie pourrait-elle contrôler durablement un État grand comme la France ? La question se pose pour ce pays de 44 millions d’habitants nationalistes. La Russie pourrait avoir beaucoup de mal à avaler ce gros morceau. C’est sans parler de l’impact négatif sur l’opinion du peuple russe. Les pratiques de leur souverain le laissent désormais bien esseulé.

Les forces de l’Otan ont tout intérêt à ne pas s’engager dans un conflit armé offensif. Elles privilégient des mesures économiques pour affaiblir une puissance déjà fragile. La Russie n’est plus une puissance mondiale majeure. Son PIB se situe au 11ème rang mondial, derrière le Brésil et le Canada.

Classée parmi les puissances de troisième rang, elle dépend fortement des matières premières. Le gaz et le pétrole représentent 50 % de ses exportations. Ses principaux clients sont la Chine, les Pays-Bas et l’Allemagne.

La balance commerciale de la Russie est largement excédentaire. Le volume de ses exportations vaut deux fois celui de ses importations. Une « mise au ban » du pays compliquera donc fortement ses ventes à l’étranger.

On comprend mieux le voyage éclair de Poutine en Chine pour signer un accord sur le gaz. En Russie, l’inflation est galopante. L’indice des prix à la consommation atteignait déjà 8,4 % en novembre 2021. La situation ne va pas s’arranger.

Nous n’avons donc pas beaucoup d’éléments pour dire aujourd’hui que les conditions d’un conflit militaire international soient réunies.

Quels sont les impacts prévisibles sur l’économie ?

L’inflation va se durcir encore avec inévitablement un impact négatif sur les marchés boursiers. Un taux d’inflation flirtant avec les 5% n’est pas un scénario à écarter. Mais est-ce vraiment grave pour notre économie ? Si l’impact est évident en termes de perte de pouvoir d’achat pour les ménages, la mécanique est au contraire vertueuse pour un État endetté. Les États auront donc tout intérêt à maintenir une inflation contenue pour financer la facture COVID résultant d’endettements massifs et inégalés.

L’Europe de l’Ouest n’est pas si dépendante du gaz russe. Celui-ci ne représente que 20 % de notre consommation. En Allemagne, le gaz russe constitue entre 20 et 30 % des ressources, loin des 40 % souvent cités.

Côté français, les exportations vers la Russie représentent moins d’un demi-milliard d’euros. Cela équivaut à un pour mille du volume total de nos exportations. Nos importations depuis la Russie sont, quant à elles, trois fois moins importantes.

Qui est le plus dépendant de l’autre ? 

La reprise fragilisera-t-elle la reprise touristique en Europe ?

La crise ukrainienne contribue certes à freiner la libéralisation des déplacements internationaux, mais l’impact est très circonscrit. La part de la clientèle russe dans les recettes du tourisme français est marginale et ne concerne majoritairement qu’une offre haut de gamme, voire de luxe, dans des régions bien localisées.

En France, les voyageurs complètement vaccinés n’ont plus besoin de présenter un test négatif à l’arrivée, quel que soit leur pays d’origine. L’analyse des réservations montre que la reprise du voyage international est bien effective. Seul le tourisme en provenance des pays asiatiques reste en retrait pour le moment. La réouverture des couloirs aériens transatlantiques amorcée depuis quelques mois est un signe positif. Le Japon était l’un des pays les plus stricts dans sa gestion de l’épidémie. Après avoir fermé ses frontières en mars 2020, il vient d’annoncer un début d’allègement des restrictions.

Par ailleurs, une récente étude du cabinet Extenso confirme le retour de la clientèle d’affaires dans les zones urbaines. Cette dynamique est portée par la reprise des salons et des séminaires depuis septembre 2021.

Nous n’avons pas donc d’éléments significatifs pour être pessimistes quant à la continuation du redémarrage du tourisme en France.

Conclusion

Les images que nous avons pu voir de l’Ukraine nous consternent. Ces situations sont graves sur les plans humain et politique. Cependant, l’économie européenne vit-elle vraiment le scénario catastrophe annoncé ? Les médias et certains politiques en campagne peignent souvent un tableau sombre.

En février 2020, nous étions très pessimistes sur les impacts de la pandémie. Aujourd’hui, nous gardons la tête froide face au marché de l’hôtellerie française. Sans dire que « tout va très bien », le contexte de ce début 2022 est bien plus favorable que celui des 24 derniers mois.

Il ne faut cependant pas évacuer des risques de tensions internationales encore plus sérieux, notamment alimentés par l’attitude de la Chine. Ce sera un autre chapitre.